Design Thinking – Enigma https://enigma.swiss Thu, 07 Apr 2022 06:42:18 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.7.1 Voilà pourquoi le Design Sprint n’est pas une activité de team building https://enigma.swiss/fr/blog/pourquoi-design-sprint-nest-pas-team-building/ Thu, 21 Feb 2019 14:44:17 +0000 https://enigma.swiss/?p=34033 Le Design Sprint est la nouvelle approche innovative dont tout le monde parle en ce moment. Mais la mode qui entoure ce phénomène crée un véritable danger: celui d’utiliser cette approche n’importe comment et de finir par créer de nouveaux problèmes. Vous pourriez aisément suivre méthodiquement toutes les étapes du processus, sans pour autant surmonter les obstacles que vous comptiez attaquer.

Si le concept de Design Sprint (qu’on appelle aussi Sprint d’innovation) est nouveau pour vous, je vous recommande de commencer par lire notre article qui présente le Design Sprint et ses différentes étapes. Vous pouvez aussi lire la présentation du Sprint d’innovation par Google Venture, les inventeurs de la méthode.

Le grand cirque de l’innovation

Ces dernières années, le monde de l’innovation a vu apparaître ce que les anglophones nomment «Innovation theater», qu’on pourrait traduire par «le grand cirque de l’innovation».

Cette expression désigne la mode grandissante qui consiste à utiliser de véritables méthodes d’innovation… sans apporter de réels changements. Une performance! C’est comme au cirque: c’est intéressant, prenant, amusant, mais ça n’est pas du tout la vraie vie.

Les méthodes d’innovation *peuvent* devenir des activités de team building

Equipe de travail motivée

Quand le Design Thinking est devenu connu du grand public, tout le monde s’est mis à vouloir en faire. Chaque entreprise a voulu organiser son petit workshop ou sa formation en Design Thinking.

Plus le Design Thinking devenait courant et populaire, plus les organisations ont commencé à s’y intéresser comme à une activité de team building. Les RH y ont vu une manière de vivre un moment sympa qui compte quand même comme du travail. Elles n’ont pas compris que cette approche peut réellement provoquer de profonds changements qui impliquent un énorme engagement de la part de l’entreprise.

Au tout début, les activités de team building étaient entièrement tournées vers le fun. Vous-même, vous avez peut-être participé à une bataille de paintball ou descendu une rivière en rafting.

Mais ces dernières années, la pression sur les budgets a augmenté. Les entreprises ressentent toujours le besoin de renforcer la cohésion des équipes en les sortant de leur quotidien. Mais elles ne peuvent plus se permettre de viser uniquement le fun: ces moments doivent tout de même être productifs pour l’entreprise.

D’où l’explosion des workshops de design thinking considéré comme des moments amusants et créatifs.

Vous vous demandez sans doute où est le mal? Eh bien, le problème est que les méthodes d’innovation comme le design thinking ne sont pas qu’un processus. Elles exigent de profonds changements de culture d’entreprise et de façon de faire. Pour être efficace, le design thinking demande un véritable engagement. Il faut modifier une grande partie du fonctionnement de l’entreprise.
Organiser une activité de design thinking sur une journée, c’est comme poser un emplâtre sur une jambe de bois. Si vous voulez voir de vrais résultats, il va falloir investir plus de temps et d’efforts.

Les méthodes d’innovation fonctionnent très bien s’il y a un véritable engagement. Mais si vous les utilisez pour vous amuser, eh bien elles ne feront rien d’autre que vous amuser. Vous allez me dire que c’est déjà pas mal, mais vous ne verrez pas de réels changements ensuite. C’est même pire: si vous utilisez des méthodes d’innovation comme une activité amusante, vous risquez de les discréditer.

Eh oui, dans le pire des cas, l’absence de résultats va créer de la frustration au sein de vos équipes. Elles ne croiront aux méthodes d’innovation, ne voudront pas en essayer d’autres. Vos équipes vont se mettre à penser que le le changement n’arrivera jamais, que ce n’est pas possible. Et à accepter le status quo.

Trois pièges du Design Sprint

En ce moment, le Design Sprint est à la mode. Il est donc tout à fait possible qu’il subisse le même sort que le design thinking avant lui. Que le Design Sprint commence à être utilisé comme une activité de team building plutôt que comme un vrai processus de changement. C’est pour éviter ça que je trouvais important de rappeler ce qui s’est déjà passé auparavant.

Mais j’irai même un peu plus loin. Ci-dessous, je vais montrer les côtés les moins sympas de cette approche pour la démystifier un peu cette approche et montrer que le Design Sprint ne devrait pas être utilisé comme une simple activité de team building.

Le Design Sprint, c’est du boulot intense

Travail intense

Pour commencer, accomplir un Design Sprint demande un véritable engagement. Il faut prendre une semaine complète pour effectuer le processus du début à la fin. Durant toute cette semaine, vous allez travailler dur en vous concentrant uniquement sur un problème. Pas d’emails ou de communication à propos d’autres projets, pas de réunions entre deux portes. Vous devez vous consacrer uniquement sur le challenge, l’objet du Design Sprint.

Un Design Sprint sans décision est inutile

Participer à un Design Sprint sans aucun décideur revient à mettre une semaine de travail à la poubelle. Un Design Sprint est un processus de co-création qui nécessite l’implication des décideurs. S’ils ne sont pas présents, alors votre sprint sera un simple exercice de style. Vous allez avoir des super idées qui ne déboucheront jamais sur rien.

Un Design Sprint, c’est seulement le début

Sprint

Un Design Sprint permet de passer d’un vague concept à quelque chose de tangible que vous allez pouvoir tester. Un Design Sprint est donc un processus formidable pour savoir si une idée doit être creusée ou non. Mais pas plus. N’allez pas croire qu’en une semaine, vous aurez un produit fini prêt à être vendu. Si vous abordez un Design Sprint avec cette idée en tête, alors vous allez provoquer une énorme frustration. Et à la fin, les participants n’auront aucune motivation à tester d’autres méthodes d’innovation.

Un bon Design Sprint a un énorme potentiel

Chez Enigma, on est convaincus que les méthodes d’innovation comme le Design Sprint offrent un véritable retour sur investissement (ROI).

D’ailleurs, Jakob Nielsen lui-même affirme que le Design Sprint a un grand ROI, notamment dans le développement d’applications web:

«On estime que faire un changement avant d’avoir tapé la première ligne de code est 100 fois moins coûteux qu’une fois l’implémentation terminée.»

Mais attention: pour obtenir ce genre de ROI, vous allez devoir consacrer du temps et de l’énergie à la mise en place de cette méthode. Alors avant de vous lancer, vous devriez visionner cette vidéo des créateurs du Design Sprint. Elle dure 52 minutes. Disons que ça va être votre premier investissement dans le long chemin qui mène à l’accomplissement de Design Sprints réellement productifs.

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Retour sur le Business Design Summit de Berlin https://enigma.swiss/fr/blog/business-design-summit-berlin-2/ Mon, 06 May 2013 14:30:24 +0000 http://localhost/enigma/?p=10508 « Pas de blabla, rien que des outils. » On pourrait résumer ainsi la conférence qui s’est déroulée à Berlin en avril 2013 à l’initiative d’Alexandre Osterwalder. Le co-auteur de Business Model Generation a poussé encore plus loin la réflexion stratégique autour de son canevas. La conférence s’adressait d’ailleurs à un public qui savait l’utiliser ; la plupart des participants avaient suivi la master class.

Business Model Canvas

Osterwalder a insisté sur le fait qu’une bonne idée ou un nouveau produit ne garantissent pas le succès à moins d’être accompagné d’un business model adéquat. On sait que Nespresso a failli plonger avant de devenir la success story du café.

Voici les grands moments de la conférence :

Alexandre Osterwalder a montré comment le Value Proposition Canevas, utilisé en parallèle avec l’empathy map, aide à réévaluer et améliorer son business model, en particulier dans le domaine des relations.

Value Proposition Canvas

Patrick van de Pijl a présenté l’outil « cover story » qui permet de définir et de présenter facilement et efficacement une vision d’entreprise ; il permet ensuite d’affiner et d’améliorer la vision à tout moment.

 

Mark Johnson a parlé de « job to be done, » qui analyse l’objectif d’un produit, détermine précisément ce à quoi il sert et indique ainsi les manières de le faire évoluer.

Jobs To Be Done canvas

Stefano Mastrogiacomo est parti du constat que seuls 30% des projets d’innovation atteignent leur objectif, tandis que 20% arrivent à une autre destination que celle qui était prévue. Il a donc créé Coopilot, une sorte de GPS pour projets qui s’adapte aussi bien à un modèle classique en waterfall piloté par un diagramme de Gantt qu’à un scrum. Coopilot avertit très tôt quand un projet commence à dévier de sa trajectoire afin de faire les corrections nécessaires pour éviter qu’il ne quitte la route.

 

Henry Chesbrough a développé le Corporate Conflict Detector pour prévoir les points de friction (et ainsi les éviter) entre un nouveau business model et celui qui est déjà en place dans une entreprise. Une situation courante dans les entreprises qui se réinventent ou qui lancent un nouveau produit.

Corporate Conflict Detector

La conférence s’est achevée avec une présentation croisée de Steve Blank et Rita Gunther McGrath. L’auteur de

Four Steps to Epiphany et The Startup Owner’s Manual  a parlé des starups qui se comportent trop tôt comme de grandes entreprises et rencontrent ainsi de nombreux écueils. Dans sa réponse, Rita Gunther McGrath observe si une entreprise est dans un esprit qui lui permet de s’améliorer avant que le marché ne l’y force. Strategic Conversation Compass

Cette conférence était d’un très haut niveau. Gageons que l’édition 2014 sera tout autant passionnante et utile.

 

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